Burning Snow
Hier (01-fev-14) se tenait l'ouverture de "la capitale de la culture" à Umeå. On entendait parler de ce jour depuis des semaines, et tout le monde semblait y attacher beaucoup d'importance. J'ai même un collègue qui ne va jamais nulle part, qui m'a dit: si tu n'y vas pas, lundi je te tue! (ça semblait moins dramatique en anglais, mais l'esprit est là). J'avais donc prévu d'y aller un peu avant l'heure fatidique, et de retrouver un couple d'amis, et une autre amie avec sa fille. Le début de l'évènement était prévu à 5h, mais ils laissaient les gens entrer vers 4h. J'ai un peu paniqué quand j'ai vu que ma lessive se terminerait à 15h50, mais bon, avec une heure d'avance, j'arriverai bien à être sur place en temps et en heure, et avec mes amis de préférence. Sauf que, arrivée à l'arrêt de bus, j'ai déchanté en voyant qu'il y avait au moins 50 personnes qui y attendaient. Je savais que les bus étaient gratuits et que ça allait attirer les foules, mais je ne m'attendais tout de même pas à un tel engouement. Pas de panique, tentons l'arrêt de bus juste en amont pour augmenter nos chances. Il semble que je n'ai pas été la seule à penser ça! Au bout de 10 min d'attente et aucun bus en vue, je me résigne à retourner chez moi, re-monter les deux étages, prendre la clé et aller chercher mon vélo au garage. C'était une option que je souhaitais éviter, mon vélo n'ayant pas de freins, j'avais peur de ne pas pouvoir éviter la masse désordonnée de gens déambulant vers le centre. Mais à part deux arrêts dignes de cascade de film, dans des tas de neige et sans gravité, j'ai fini par atteindre le centre, grouillant d'activité! L'entrée principale menait vers des tentes Sami, des sculptures de glace et des feux dans les parcs. J'ai suivi la foule, sachant que la célébration se passerait vers la rivière. Impossible de joindre mes amis par téléphone, mais un sms à défié les lois du réseau saturé pour m'apprendre qu'ils étaient au pied de la tour du cinéma. Je me trouvais un bloc plus haut, mais je me suis heurtée à une barrière et deux gardes, qui refusaient de laisser passer quiconque ne présentait pas de ticket de cinéma. Nan mais franchement, qui va au cinéma un soir de célébration où plus de 30 000 personnes sont attendues, hein? Ben pas mal de monde en fait. Ce qui fait que je me suis retrouvée bloquée, à peut-être 200 mètres de mes amis, sans réseau, et écrasée par une foule qui voulait passer. Au bout d'une demi heure dans cette position inconfortable, j'ai réalisé que je me retrouvait juste derrière un des gardes, et quand la foule a poussé un peu plus, je suis passée! Il y avait des gens partout, des enfants sur les épaules de leur parents, et je rappelle que les Suédois sont grands, pour la majorité, donc j'y voyais que dalle. Mais au moins maintenant j'étais libre de tenter de me frayer un passage entre les gens. Au bout de vingt bonne minutes, j'ai enfin atteint le satané pied de la tour du ciné, et, oh bonheur, j'avais du réseau. J'ai appelé mes amis, qui m'ont appris qu'ils avaient quité les lieux depuis longtemps car ils ne voyaient rien, et qu'ils étaient au chaud chez eux et que je pouvais passer. Ne sachant trop quoi faire, j'ai vu qu'en me décalant un peu sur la droite je pouvais voir les écrans géants et le haut du tipi sur la glace. Je suis restée un peu, il y avait des lumières dans le ciel, qui dansaient, et ont formé le symbole d' Umeå capitale de la culture (un coeur rouge avec un dessin blanc). Mais j'ai abandonné au bout de quelques minutes, j'étais seule, j'avais froid, je ne voyais pratiquement rien et je ne voulais pas me retrouver coincée quand la foule déciderait de repartir. J'ai repris mon vélo, roulé quelques minutes, et sentant mes doigts brûlés par le froid, je suis allée sonner chez mes amis pour leur demander si je pouvais me réchauffer un peu avant de repartir. Ils m'ont enveloppée dans une couverture, ont partagé une pizza et on a regardé un film, et j'ai même eu le temps de rentrer chez moi après ça pour regarder la rediffusion de la cérémonie à la télé. Bref, la soirée avait assez mal commencé mais s'est bien terminée, pour moi et pour les 55 000 personnes qui s'étaient déplacées!!!











Hier soir j’ai assisté à ma première Walpurgis, une grande fête célébrée la veille du premier mai. C’est une fête qui se déroule en extérieur, très conviviale et qui regroupe pratiquement toute la ville à ce que j’ai pu voir. Pour commencer, hier était un jour « offert » à une partie des travailleurs, les autres (dont moi) devant tout de même aller bosser. Ok, sauf qu’hier, y’avait personne au boulot, on était peut-être 4 ou 5 à tout casser, et que pendant quelques heures. Du coup je me la suis coulée douce quand même, j’ai remis à jour mon cahier de manip le matin, je suis allée faire du sport à midi, et j’y ai retrouvé une copine (d’ailleurs, normalement on est une vingtaine à ce cours, et là bizarrement on était plus d’une cinquantaine). Bref, retour à l’appart pour manger vite fait, retour au labo, un peu de boulot, et à 5h, j’ai mis les voiles. Il faisait très beau, et sur le chemin du retour j’ai croisé plein de monde, les gens se regroupaient, on entendait de la musique, le quartier était plein à craquer de jeunes autour des barbecues, le moindre espace accueillait des barbecues jetables (y’en avait même un sur les marches de mon immeuble !). Fika rapidos (thé et un bout de pain), bisou aux ratounes, sac de ville sur l’épaule, lunettes de soleil et j’ai rejoins mes amis dans la rue, direction le campus. Devant l’université nous avons la chance d’avoir un joli lac, et tout autour se trouvaient des animations et surtout, des tas de gens. On a pu voir des stands de nourriture (principalement kebab et barbes à papa), un atelier Zumba (mais juste l’instructeur et quasiment personne qui dansait), un stand de découverte du skateboard, des animaux, une scène, une chorale sur les marches d’une statue. Dans un premier temps on a eu beaucoup de mal à localiser où se déroulerait le feu, je m’attendais à une énorme pile de buches de bois, et en réalité c’était une énorme pile de branchages qu’on a tous pris pour un arbre, de loin. On a donc assisté au cours de Zumba, vu un premier concert, écouté la chorale étudiante en admirant leurs jolies casquettes blanches, puis la pile de bois s’est embrasée et c’était vraiment trop sympa. En Suède, cette fête, souvent associée au sabbat des sorcières, est assez ancienne (l’église a essayé en vain de l’abolir) et célèbre le retour du printemps, des fleurs, de la lumière. En ville les brasiers participent juste à l’ambiance, mais en campagne, ils servent à brûler tous les branchages, cartons, vieilles clôtures et autres déchets végétaux accumulés pendant l’hiver. Les chorales sont également une partie importante de la fête, avec les chanteurs arborant leurs casquettes de bacheliers (l’été revient, et avec lui la fin des cours et le début des vacances). Bref, soirée très agréable, pas trop froide, lumineuse (il faisait encore bien jour à plus de 20h) qui s’est terminée sur une pizzeria en ville et un retour au quartier à pied, histoire de digérer et se réchauffer un peu.
Après une nuit un peu courte, puis notre traditionnel petit dèj/préparation des sandwichs de la journée, et après avoir récuré à fond les chambres et la cuisine pour l’autre enquiquineur, nous avons re-rempli le coffre (oh surprise, on voit par la lunette arrière cette fois) et pris la route du retour, qui nous ramenait à Umeå en à peu près 8h. Sur la route on a croisé deux rennes (enfin, nous qui avions entendu dire qu’on en voyait un paquet dans le nord), on a galéré une bonne demi-heure pour trouver un bar et des toilettes (plusieurs arrêts infructueux), on a repassé le cercle polaire à un autre endroit, plus sympa… mais fermé, quel étonnement ! on a fini par trouver une aire de repos ouverte, pris un bon café, mangé nos sandwichs sur un banc au soleil, puis dernier tronçon de route pour arriver à Umeå vers 8h et demi. 2/5 du groupe ont été déposés chez eux, les autres sont partis profiter de la voiture pour faire une dernière virée de courses au grand supermarché (grand, tout est relatif ici). De retour à l’appart, Maëlenn a ré-empaqueté tous ses achats (et ça n’était pas chose aisée), on a partagé les photos, pris un dernier repas puis dormi quelques heures. 4h30, levée des troupes pour être à l’aéroport une heure plus tard, et bon retour Malie. Ce fut un voyage bref mais riche en nouveautés et paysages extraordinaires !!
Kiruna n’étant pas très loin d’Abisko, on avait décidé d’arriver un peu avant midi, afin d’acheter nos billets pour visiter la mine de fer, puis de foncer à l’Hôtel de Glace pour la visite en anglais à 12h. Manque de bol, office de tourisme fermé pour Pâques, donc pas de mine. Peu de restos ouverts également, en fait une ville morte quoi. Tant pis, on fonce vers l’Hôtel de Glace. Là, heureusement c’était ouvert, et on est arrivés pile-poile pour le début de la visite. On a commencé par la rivière où on nous a expliqué comment les blocs sont extraits, quand, et pourquoi ils sont si purs. Ensuite la chapelle, avec explications sur les structures des bâtiments, comment le mélange d’eau et de glace, à moins 5 degrés, est injecté dans un moule que l’on déplace tronçon par tronçon pour former les galeries, avec des toits plus fins que les murs de manière à ce que l’édifice ne s’effondre pas, mais fonde par le haut. Ensuite on nous a laissé libres dans l’hôtel, on avait juste pour consigne de visiter toutes les pièces car elles sont différentes, et de prendre plein de photos. Ça va, pas trop difficile à faire. Les chambres « en neige » sont basiques, toutes identiques, mais les dessins sur les têtes de lit et les sculptures sur les tables de chevet sont légèrement différents. Pour les suites en revanche, elles sont chacune crées par un ou plusieurs sculpteurs, et sont vraiment ouvragées. Certaines étranges, d’autres que j’ai adorées. Et chose curieuse, l’hôtel avait beau être plein de gens, tout était silencieux, je n’ai même pas entendu Maëlenn qui m’appelait depuis le couloir. Bref longues flâneries dans les différentes pièces, l’observatoire d’aurores (inutile en journée, of course) et bien entendu, le bar, peut-être l’endroit le plus important. Musique, glace, bancs recouverts de peaux de bêtes, sculptures, verres en glace, et cocktails à base de vodka aux couleurs plus fun les unes que les autres. Ça fait du bien, c’est beau et c’est bon ! Je pense qu’on y a passé pas mal de temps. De toute manière, tout étant fermé, on avait pas grand-chose d’autre à faire. De retour à Kiruna (l’hôtel est un peu excentré) on a trouvé une zone commerciale avec une pizzeria ouverte (et oui encore pizza), on a refait un peu de courses pour le soir, puis retour à l’auberge. Là on a pas eu les chambres qu’on aurait dû avoir (problème de clients précédents partis avec la clef je crois) donc on s’est retrouvés au bout du bâtiment, avec notre propre entrée, grande cuisine au rez-de-chaussée, deux chambres et wc à l’étage. Comme le seul mâle du groupe a été gentil pendant tout le voyage, on lui a laissé une chambre pour lui tout seul, et on s’est regroupées à 4 filles dans l’autre. On a scotché un peu devant Harry Potter (pas de notre faute, les télés étaient toutes allumées quand on est arrivés), on est repartis faire un tour en ville mais tout était fermé, donc on s’est cloitrés dans notre cuisine jusqu’au soir. Quelques courageux sont sortis observer le ciel sans nuage (sans aurore non plus, malheureusement) et on s’est couchés vers une heure du matin. Vers 2h, la pro de la conduite sur neige est descendue dans la cuisine… où elle est tombée nez-à-nez avec le proprio qui lui a fait un scandale car la cuisine doit être nettoyée à fond après chaque utilisation (the hole kitchen, comme écrit sur la pancarte). Donc on s’est relevées pour ranger les 5 pauvres manteaux et la bouteille qui trainait sur la table (la vaisselle avait été faite, la table était propre, donc je sais pas trop pourquoi il est venu nous chercher des noises). Il a donné comme excuse que des gens viendraient prendre leur petit déjeuner le matin (ah ouais ? c’est étrange, vu qu’on a toutes les chambres et qu’il y a une cuisine commune dans le reste du bâtiment).